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mardi 4 juin 2024

La France, pays où la fiscalité est la plus lourde d’Europe pour l’industrie pharmaceutique [Enquête du Leem]

Le Leem publie son enquête annuelle sur la fiscalité de l’industrie pharmaceutique, comparée à celle des autres pays européens. La France reste le « leader » européen des prélèvements généraux et sectoriels. Un contexte qui menace la capacité d’investissement du secteur dans la recherche et la production de médicaments.


Le Leem appelle à redresser d’urgence cette situation dans le cadre d’un « new deal » pour reconstruire l’attractivité de la France, sa souveraineté sanitaire, la compétitivité des entreprises et les conditions d’accès des patients aux médicaments. La mission de l’industrie pharmaceutique, qui est de prévenir, soigner et sauver des vies, ne peut être assurée que dans un environnement économique soutenable et favorable à l’investissement des entreprises qui mettent au point et produisent les médicaments.

Pour la huitième édition depuis 2012, le cabinet PwC a réalisé, à la demande du Leem, une étude sur la fiscalité pesant sur les entreprises du médicament. L’analyse compare la charge globale d’impôts (générale et spécifique au secteur) en France et dans les principaux pays européens, en fonction des profils d’entreprise du secteur. Dans cette nouvelle édition, la clause de sauvegarde a été intégrée à l’étude pour en matérialiser les effets et les profils d’entreprises étudiés ont été affinés.

La France, championne des taxes

En 2023, deux dynamiques opposées s’observent dans la plupart des pays étudiés : un allègement de la fiscalité générale mais un durcissement global de la régulation sectorielle, plus marqué en France.  Notre pays reste ainsi en tête des prélèvements fiscaux par rapport aux six pays voisins étudiés (Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Irlande, Espagne et Suisse), malgré un allègement de la fiscalité générale et le maintien de dispositifs d’incitation comme le crédit d’impôt recherche, qui ne parviennent toutefois pas à compenser la hausse continue des contributions sectorielles.



Pour rappel, les entreprises du médicament sont soumises à :

  • cinq taxes spécifiques au secteur santé pour un montant total de près d’un milliard € par an,
  • une clause de sauvegarde qui a atteint 1,6 milliard € en 2023,
  • un système de remises conventionnelles et légales qui a dépassé les 6 milliards € en 2022 et pourrait s’élever à plus de 8 milliards € en 2023.

 A ces contributions spécifiques, s’ajoutent une autre particularité propre au secteur pharmaceutique : les prix des médicaments, fixés par l’Etat, figurent parmi les plus bas d’Europe. Mis bout à bout, ces mécanismes asphyxient un secteur stratégique pour la souveraineté du pays et contreviennent à l’ambition du Gouvernement, partagée par les entreprises du médicament, de faire de la France un leader mondial de la santé qui donne aux patients un accès aux médicaments du quotidien comme aux traitements innovants.

Cet alourdissement continu depuis 2012 a entraîné une dégradation de la position de la France en Europe :

  • La France était le 1er producteur de médicament en Europe jusqu’en 2008, elle est désormais en 6ème position derrière la Suisse, la Belgique, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni.
  • Elle était numéro 1 des essais cliniques en 2015, elle est désormais au 3ème rang derrière l’Espagne et l’Allemagne.

La clause de sauvegarde, une taxe supplémentaire devenue systématique qui pèse lourdement sur les entreprises

Initialement prévue pour maitriser les dépenses publiques de médicaments, la clause de sauvegarde est devenue au fil des ans une taxe systématique qui pèse sur le secteur pharmaceutique. Malgré les engagements de plafonnement de la clause et le rehaussement du seuil de déclenchement M au titre de 2023, la clause de sauvegarde a des conséquences délétères sur l’ensemble des entreprises du secteur. Son montant très significatif et exponentiel (126 millions € en 2019 ; 1,6 milliard € annoncé en 2023) fragilise la santé économique des entreprises, quel que soit leur profil, et compromet la capacité d’investissement des plus solides d’entre elles. Ce mécanisme de sauvegarde, devenu prélèvement automatique, est un frein majeur à l’attractivité du pays.


Malgré les effets positifs d’une réduction de la fiscalité générale et l’existence du crédit impôt-recherche, qui doit être sanctuarisé afin de soutenir l’innovation, la France demeure le pays européen dont la fiscalité est la plus lourde. Les entreprises du médicament subissent un véritable « effet de ciseaux » : leurs prix baissent et leurs taxes augmentent. Il est donc urgent d’alléger, dès cette année, la charge fiscale pesant sur elles et de simplifier la fiscalité sectorielle.

S’agissant de la clause de sauvegarde, Thierry Hulot, président du Leem, alerte : « Au-delà de son plafonnement, il faut mettre en place une trajectoire de décroissance de son montant pour atteindre moins de 500 millions d’euros d’ici 3 ans, comme le recommande la mission interministérielle sur le Financement et Régulation des Produits de Santé. Il est également vital d’obtenir des estimations fiables de son montant afin de sortir de l’actuelle imprévisibilité qui pénalise les entreprises. Il en va de leur soutenabilité économique, mais aussi de l’attractivité de la France en matière de recherche, d’essais cliniques, de production et, in fine, de notre souveraineté sanitaire ». Communiqué de presse du Leem - La fiscalité des entreprises du médicament en France - Etude PwC 2023 pour le Leem -


lundi 22 avril 2024

Étude : Biomédicaments et Bioproduction en France et en Europe en 2023

À travers France 2030 et le plan Innovation Santé 2030, l’État investit massivement pour hisser la France au rang de la nation européenne la plus innovante et souveraine en matière de santé. Au cœur de cette démarche, les biomédicaments et la bioproduction dans les thérapies innovantes font l’objet d’une stratégie d’accélération coordonnée par l’Agence de l’Innovation en Santé en lien avec les différents ministères.

france biotech

Cette stratégie mobilise l’ensemble des acteurs de la filière autour de défis majeurs : maintenir la France en tant que leader en assurant un flux constant d’innovations issues de la recherche académique, accélérer les projets de développement tout en favorisant l’industrialisation sur le territoire, garantir la quantité et la qualité des biomédicaments à des coûts maîtrisés pour le système de santé, et enfin, soutenir activement la filière par la création et le financement d’organisations dédiées.

France biolead

Un engagement conjoint réunissant France BioLead, France Biotech et l’Agence de l’Innovation en santé témoigne de cette vision. Afin de mieux cerner les atouts et faiblesses de la filière des biomédicaments, d’accompagner efficacement les acteurs impliqués et de cibler les aides et actions nécessaires, une étude approfondie a été confiée à Mabdesign. Celle-ci explore les biomédicaments existants et en développement, ainsi que les capacités de bioproduction en France et en Europe (Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Irlande et Suisse).

Les conclusions de cette étude, à deux ans du lancement de la stratégie d’accélération Biothérapies et bioproduction, révèlent que la France occupe une position de choix dans la compétition mondiale, avec 584 biomédicaments en développement, établissant ainsi le deuxième pipeline européen, juste derrière le Royaume-Uni. De surcroît, le pays dispose d’une infrastructure industrielle de bioproduction complète, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la recherche et développement à la production de lots commerciaux. Il est primordial de poursuivre la politique de structuration engagée pour rendre la filière toujours plus compétitive et attractive à l’international, et ainsi garantir aux patients l’accès aux meilleurs traitements. Étude | Biomédicaments et Bioproduction : photographie 2023 en France et en Europe [PDF] -

mercredi 17 janvier 2024

Un plan de décarbonation pour l'industrie pharmaceutique

VERS UNE INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE DÉCARBONÉE

Afin de lutter contre le réchauffement climatique et réduire les émissions de gaz à effet de serre associées à la production et à la consommation de médicaments en France, le Gouvernement a annoncé un plan de décarbonation pour l'industrie pharmaceutique.

Les émissions de gaz à effet de serre associées à la production et à la consommation de médicaments représentent environ 4% du total national. Ces émissions sont presque exclusivement liées à des importations.

Pour remédier à cette situation, le groupe de travail décarbonation du Comité stratégique de filière (CSF) « Industries et technologies de santé » a élaboré une feuille de route pour mobiliser l’ensemble des acteurs de la filière et permettre un retour d’expérience technique : une réduction des émissions du secteur pharmaceutique de 33% d'ici 2030 pourrait être atteinte. Pour ce faire, le plan propose plusieurs actions concrètes et adaptations du cadre d’intervention de la filière indispensables à une accélération des efforts d’ici 2030.

DES RECOMMANDATIONS CONCRÈTES

Le CSF a formulé 15 recommandations concrètes, dont 6 sont immédiatement mises en œuvre. Ces recommandations couvrent divers aspects de la production et de la consommation de médicaments, avec un accent particulier sur les importations.

Des feuilles de route spécifiques seront développées en collaboration avec les principales usines pharmaceutiques françaises pour accélérer leur réduction d'émissions. De plus, des plans détaillés seront élaborés avec les industriels pour les médicaments très consommés en France, de façon à identifier les opportunités de décarbonation significatives.

VERS UN AVENIR DÉCARBONÉ

En coordination avec la Direction générale des Entreprises (DGE), l'État travaille au développement d'une méthodologie simplifiée pour évaluer l'empreinte environnementale des médicaments. L'objectif est d'intégrer un critère environnemental aux marchés publics et à la régulation des produits de santé, dans le but d'encourager les acteurs de l'industrie à entreprendre des initiatives de décarbonation.

Les travaux devraient être finalisés à l'été 2024, marquant une étape cruciale vers une industrie pharmaceutique plus respectueuse de l'environnement.

Liens : communiqué de Presse:"Vers une industrie pharmaceutique décarbonée" -  Feuille de route de la filière pharmaceutique : décarbonation des industries et technologies de santé [PDF] -